Situation politique en RDC : l’Angola et le Rwanda baissent le ton envers Kinshasa


Lecture 2 min.
Situation politique en RDC : l’Angola et le Rwanda baissent le ton envers Kinshasa

Le 23 mai dernier, lors d’une conférence de presse, le président français Emmanuel Macron déclarait que la France soutenait le plan secret de l’Angola et du Rwanda contre la RDC. Des déclarations attentatoires à la souveraineté nationale et mal perçues par l’opinion publique au Congo-Kinshasa, mais aussi ailleurs sur le continent africain. Depuis, Joao Lourenço et Paul Kagame, les présidents angolais et rwandais, tentent de calmer le jeu. Retour sur ce qui s’apparente à un rétropédalage.

C’est peu dire qu’à Kinshasa, les propos sans doute improvisés et prononcés à la va-vite par Emmanuel Macron ont choqué. A l’occasion d’une conférence de presse commune avec son homologue angolais Joao Lourenço, le chef de l’Etat français a révélé, probablement dans un excès de confiance et à son corps défendant, l’existence d’un plan secret vis-à-vis de la RDC.

La réaction des autorités a été immédiate et ferme. Déclaration offensive de Lambert Mende, le ministre de la communication, convocation des ambassadeurs français, rwandais et angolais à Kinshasa par Léonard She Okitundu, le vice-premier ministre chargé des Affaires étrangères, etc. Face à cette réactivité et à cette fermeté, les chefs d’Etat de la sous-région, accusés d’ingérence dans ce dossier, ont rapidement rétropédalé.

Ce fut le cas tout d’abord de Joao Lourenço qui, quelques jours après sa rencontre avec M. Macron, au micro de RFI, concédé, manifestement gêné par les déclarations du président français, qu’il ne s’agissait que de conseils prodigués à l’endroit du chef de l’Etat RD congolais, Joseph Kabila, et que, par conséquent, celui-ci était entièrement libre d’agir comme il l’entendait.

La réaction du président rwandais, qui est à la tête actuellement l’Union Africaine, est, elle, intervenue cette semaine. Profitant d’une interview à nos confrères de Jeune Afrique, Paul Kagamé a déclaré que c’étaient aux Congolais de se mettre d’accord entre eux.

On a beaucoup glosé sur les paroles du président français. Sans doute trop. Les dernières déclarations des présidents angolais et rwandais ont le mérite de remettre un peu de sérénité dans le débat et de rappeler un principe simple et de bon sens : les problèmes du Congo doivent être réglés au Congo et pas ailleurs, que ce soit à Paris, Bruxelles ou Washington ou même à Luanda ou Kigali.

Soutien Suivez-nous sur Google Actualités